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Saisissant

Assise tranquilement sur le goudron encore chaud, le regard en coin. Elle attrappait méthodiquement chaque scènes qui l'entouraient de ses yeux avares. Elle se délectait du moindre son, de la moindre lumière qui jaillissait timidement dans l'ordinaire. Du rire discret et étouffé, à la manie voir au toc; de la manière de relâcher sa fumée de cigarette, aux allongements de syllabes marqués; elle enregitrait tout. Elle semblait se contenter des ces actes humains, prévisibles ou non; et on pouvait voir au fond de son iris que ça lui apportait bien plus qu'une conversation banale à tendance hypocrite, j'insisterait même en disant qu'elle nous étudiait. Elle restait silencieuse et c'était un véritable combat que de lui arracher quelques poitesses. Mais c'était après tout ça sa force: elle apparaissait maitresse des événements, sa place n'était pas à nos côtés, sa prestance venait et était fait pour autre chose que le monde commun et encore trop stéréotypé du lycée. Etonnante et presque inquiètante, elle m'intrigauait. Son aura saisissante et sa voix trop rare faisait de cette femme un trésor d'intimité impénétrable. J'était simplement envouté. Son écharppe glissait sur sa peau et laissait apparaître son cou, la lumière fade et ternie depuis une demie-heure par l'arrivée d'un ciel chargé ne changeait ce tableau. Le filtre de sa cigarette fumant à quelques centimètres de sa bouche, son regard glissant vers l'ouest, et une mèche de cheveux épousant sa joue rosée. D'une légèreté déconcertante, et tellement impassible que ca me frustre, cet être change ma vision d'une compagne idéale. Je l'étudiait comme elle étudiait ceux qui l'entourent, je jouait à son jeu de spectateur camouflé. Ses yeux bruns ne trahissaient que son plaisir d'observation, et de mon côté plus je regardais ce regard, plus je voyais dans ces pupilles des élans de spectacles universels, ceux que l'on fixe sans trop s'attarder au fond, il n'y pas de pourquoi ni de comment, on remarque l'agréable et le beau, que ce soit dans le geste ou le jeu d'humain transparent. Elle se lève, écrase son mégot, elle repart sans que je connaisse sa véritable identité. Son regard reste attentif, vif, alerte; elle se documente sur sa propre race et fait du monde un spectacle en perpétuel changement, elle s'en va pour un cours de mathématiques disai-ton. Je ne l'ai plus jamais revu.
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# Posté le samedi 14 juin 2008 16:29
Modifié le samedi 14 juin 2008 16:59

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