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Blanco

Blanco
Tout s'efface, des plus petits traits aux profondeurs insensées de l'âme humaine. Certains disent qu'ils oublient mais jamais on n'oublie un sourire, un regard, un baiser, on l'efface violemment comme une rupture sentimentale immuable entre le corps et l'esprit, entre la vérité et la raison.

Un sentiment d'aphasie vivante, une gomme imaginaire que l'on se créé pour se dire que tout cela est finie, que ça ne recommencera plus et que la raison doit l'emporter sur toute autre chose, que simplement nous sommes là, ainsi dire vulgaires pantins libre de choix imposés par la société par nos envies et nos désirs.

Mais comme un gamin sur son ardoise noir, la craie blanche laisse des traces, triste et éphémères, subtiles et volatiles, elle sont là pour vous rapeller que nul désir, nul envie, nul sentiment n'est passagé, il progresse dans le temps, tel un marin sur son navire en ruine continuant la route sur un radeau de fortune à peine visible mais pourtant présent sur cet océan bleu de la vie. On ne renaît pas, on reproduit sans cesse, les mêmes choses : identification à ce qui n'aurais jamais du se passer et qu'on essaye pourtant de changer, d'améliorer, de vaincre.

Ces tristes traces qu'il reste toujours alors que l'on gomme et gomme encore mais la marque est présente, un sacrifice du corps sur l'âme, un appel à la résistance des fluides.Etre cartésien ou rêveur, n'est pas un choix mais une profonde déconvenue, on apprend sans doute de nos erreurs mais quant est il de nos victoires ? Celles qui se terminent par un sourire en coin, une satisfaction courte comme un orgasme pré-éjaculation, rien, un vide, un gouffre que seulement une ardoise redevenu blanche de sens peut faire revivre.

On se retrouvera peut être un jour à chercher cette amour déchu de jeunesse, cette fille à qui on n'aurait jamais dit "je t'aime", son père partit loin que l'on trouvait comme un salaud mais à qui parler serait simplement ni un échappatoire, ni un envie de trentenaire mal dans sa peau mais une nécessité, simple nécessité de refaire le passé pour ne plus avoir de doutes, de peurs, de regrets. Et cette ardoise que l'on laisse alors comme signe de vie serait-elle assez grande pour nos erreurs , nos torts ?

Une trace donc jamais vaine, que l'on efface son traits, elle reviendra comme une éternel illusion du regret ou de l'angoisse, avec l'amertume d'une bouche fermée pâteuse d'alcool en se disant " Et Pourquoi ?". On sera peut être bien près de l'être aimé, nous sommes bien près de l'être aimé, je suis bien près de ma dulcinée mais toute ces choses gommées et rayées comme un statuaire grecque descendant de son piédestal pour vous saluer ironiquement seront elles à courir derrière moi , dans mes synapses fumants jusqu'à la fin ? Ou peut être qu'un jour sortant de l'autoroute gigantesque de la vie, nous serons quelqu'un d'autres parce que nous l'aurons décidé. Vivre totalement, sans ardoise, sans gomme et donc sans regrets et sans mélancolie futur du passé.

Triste illusion n'est il pas ? De se voir ici maintenant votre main droite à droite et votre jambe gauche à gauche alors que plus tard qui sait ce que l'avenir nous réserve.
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# Posté le vendredi 13 juin 2008 11:17

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