Après une journée de calvaire, le dos courbé ,vouté sur cette table à bosser des planches,
Tu t'endors la tête face à la table, les yeux contre la nappe et la main sur ta feuille inachevée,
Une dernière fois ton regard se lève, les yeux humides et fermés, l'air agar d'un dernier regard vers la télé,
Et tu t'affales de tout ton haut du corps sur ta table, comme un poivrot sur le comptoir d'un bar avec panache
Les rêves commencent, joyeux et courts, petites scenettes éphémères d'un poète pendu haut et court
On semble être bien, comme dans son bain emplit de mousse et de bulles,
Une charmante demoiselle à ses côtés nous susurrants des "Je t'aime", infiniment poétiques, et pourtant si nuls,
Mais on ne retient que l'essentiel, ce bonheur éphémère d'un rêve triste et mélancolique, d'une vie qui passe,
Puis simplement des gens quotidiens apparaissent, corrélation de nos désirs et de nos envies intrépides,
Je la revois nue sur ce lit de toile et satin, ma mains dans sa main, mes yeux dans ses cheveux et ma bouche entre ses seins.
Entre faire l'amour et rire au éclat, ma fois, la vérité c'est qu'il n'y à aucun choix, l'amour triste est comme une vieille blague, nul et sans goût, un mille-feuille émotif d'un petit c½ur battant la chamade quand il entend la voix de cette femme, lui dire "je t'aime".
Une révolution sans armes, sans haine, sans violence, sans cadavres, l'éternité des songes qui vous remplissent de sang rouge un c½ur ternis par le temps qui s'écoule, comme un fleuve de sang tirant de vos veines la rage et l'espoir d'un noir sacrifice sur votre peau.
Une vengeance sur la vie, sur ce c½ur mou et vide, muscle intemporel qui me fait respirer mais qui m'empêche de vivre.
Accablé par les cieux , l'orage, les nuages et la pluie, ma voiture dérape dans ce virage de mon sang enduit, et le ravin dur aux rochers escarpés programme ma mort d'un vulgaire assassin comme de multiples personnes mortes dans ce ravin.
Charnier de mes rêves endormis, la nuit s'achève et mon avenir reste gris.
La marque de la nappe sur ma joue, me voilà mort parmi les vivants, enchanté de continuer à vivre sous perfusion de café.