Une passion d'une prudence à s'y plier dès le premier regard. Un tantinet fourbe mais d'abord à l'écart. Je l'appelle le stoicisme de l'espoir, là où l'on gèle toute manifestation d'envie et de projet. On pourrait la symboliser par l'homme assis devant le spectacle ridicule qu'il aurait lui même provoqué. On peut en sourire, en pleurer, s'en frustrer, c'est selon son endurance. Le pire dans cette scène de vie c'est qu'à ce moment précis c'est le seul spectacle qui nous passionne, de part le brin de nostalgie qui y sommeil. Seulement clowns et trompettistes ont laissé place à une pièce de théâtre morne et sans saveurs, d'une tristesse à endormir un hyperactif. Des gestes lents et désinvoltes y trainent puis s'y écrasent. Des mots et des insultes à peine avouées sont soufflés au creux de nos oreilles. Les regards perdent de leur valeurs qui étaient si précieuses quelques jours auparavant, qui nous tenez debout et donnaient envie de monter sur scène, d'accompagner et de chanter avec tout cet univers un verre de whisky à la main. Mais il est tard et les animations s'endorment, un écart de conduite, ou de penser déroule un tapis vers les loges où les artistes posent démission. Et nous voilà seul devant de nouveaux comédiens. Ceux-là ne dansent pas et ne rient pas, ils vous regardent puis s'étouffent un peu, ennuyés tout comme l'on peut l'être soi même. Le spectacle se clos, les rideaux tombent. Et l'on se prend à rêver d'une autre saison, où peut-être un autre spectacle s'y déroulera. En attendant, verres en plastique et bouteilles vides croulent sous nos pieds, des paquets de Lucky Strike s'entassent dans un coin. Mais c'était bien dira-t-on, le plaisir ressentit fut court mais certainement l'un des meilleurs, avant qu'un vent chaud et désagréable vienne vous glacer le sang. Faut-il tourner talons cigarette en bouche ou siffler le seul public c'est à dire nous même ?
Assis, le regard tourné vers la scène vide et dépravée, on se gèle dans cette situation d'être abattu, désarmé par une troupe trompeuse et une diseuse de bonne aventure rêveuse. Rassurons-nous ce statut de pierre malade n'est que temporaire et ouvrira surement vers une autre déception, en attendant vous pouvez toujours compter sur les prestations diverses de compagnons pour vivre dans le mal-être de la procuration.
Bon baisers